Est-ce que la Conférence de Durban a tenu toutes ses promesses ?

Les délégations jeunesse de l'AMGE qui ont assisté aux précédentes conférences annuelles des Nations unies sur les changements climatiques ont été témoins de l'échec de 2009 qui a abouti à l'accord de Copenhague, ainsi que du sursaut résultant des accords de Cancun en 2010.
Mais nous sommes maintenant confrontées à un autre document dénommé selon son point d'origine, le package de Durban Durban package. Est-ce que la délégation de l'AMGE à la COP17 a réussi à faire passer un accord équitable, ambitieux et contraignant comme elle le demandait ?
A vrai dire, pas vraiment, mais l'espoir demeure ! Le package de Durban a sauvé les négociations sur le climat, mais il n'a pas encore sauvé le climat. Qu'offre donc ce package ?
Cela s'est joué dans les tous derniers instants avant que les négociations ne soient tenues de se rompre sans résultats, 1,5 jour après la clôture programmée de la COP17. Un des négociateurs a commencé sa déclaration au cours de ces dernières heures avec "Je dois attraper mon avion dans 30 minutes", ce qui reflétait l'urgence qui avait saisi la salle.
C'était une urgence qui aurait pu être prise en compte dans les négociations par le pays hôte, l'Afrique du Sud, bien plus tôt. Or, elle a conduit à des compromis de dernière minute qui ont certes garanti un pas en avant, mais qui n'allaient pas assez loin.
Sauver le Protocole de Kyoto était un des principaux objectifs de la société civile à la COP17. Le package de Durban offre une feuille de route pour une seconde période d'engagement du Protocole de Kyoto avec des objectifs de réduction d'émission quantifiables, devant être confirmés en mai 2012.
Tandis que l'Inde et la Chine ont fait preuve d'une flexibilité de dernière minute, il est clair que d'autres pollueurs majeurs comme les États-Unis, le Canada, le Japon et la Russie ne s'associeront pas à cet accord. Malheureusement, ce nouvel accord juridiquement contraignant ne sera pas mis en œuvre avant 2020.
Sauf ambitions augmentant radicalement, cette nouvelle feuille de route arrêtée dans l'accord de Durban, pourrait potentiellement nous conduire à des changements climatiques dangereux avec une élévation des températures de 3,5 degrés, au lieu des 2 degrés généralement visés. Or, la différence de 1,5 degré soulève beaucoup de réactions car elle est cruciale pour la sécurité du climat à l'avenir.
C'est là qu'intervient le Groupe de travail ad hoc récemment mis en place sur la plateforme d'action améliorée de Durban (AWG-DPEA). Conformément au package de Durban, une commission, qui devra se tenir de 2013 à 2015, documentera un plan de travail pour atteindre cette ambition.

L'autre sujet majeur à la COP17 était d'assurer le financement des actions concernant le climat. Le package de Durban clarifie les modalités du nouveau Fonds international pour le climat, mais malheureusement, il oublie de mentionner la provenance des fonds, en dehors des engagements déjà pris par la Norvège et l'Allemagne.
Le package mentionne le fossé qui existe entre les objectifs d'émission fixés et ceux que les scientifiques disent qu'il faudrait vraiment atteindre, mais omet de s'y attaquer, par exemple, en comblant de dangereuses lacunes relatives à l'utilisation des terres, la déforestation et la reforestation.
Durant ces dernières heures à Durban, ce fut un plaisir de voir le leadership de l'UE représenté par Connie Hedegaard, qui a été Commissaire Internationale des guides vertes danoises. L'UE a fait une communication sur le changement des règles du jeu, conjointement avec les Pays les moins avancés (PMA) et l'Alliance des Petits états insulaires (AOSIS), appelant à un engagement ferme et des objectifs ambitieux dans le cadre de la seconde période d'engagement du Protocole de Kyoto.
C'était fantastique aussi de voir que la société civile – incluant la délégation de l'AMGE – avait joué un rôle important pour influer sur les négociations. Ses actions de protestation audacieuses ont changé le ton des négociations de manière substantielle. Par exemple, la tempête sur Twitter "Où est le leadership" a ajouté une pression supplémentaire sur l'UE avant sa prise de position ferme aux côtés des PMA et AOSIS.
La protestation "Occupez la COP17" a conduit des négociateurs, notamment le Ministre des Maldives et la société civile à tenir une position ferme au coude à coude pour exiger de l'action. Suite à cette manifestation, plusieurs tenants de la ligne dure ont dû faire preuve d'ouverture dans leur positionnement pour parvenir à un compromis à la toute dernière minute.
Quel a été le rôle de l'AMGE ?
La délégation de la jeunesse de l'AMGE a laissé son empreinte à la COP. La grande visibilité des déléguées en tant qu'acteurs de terrain et acteurs du changement dans les politiques et programmations est reflétée dans un grand nombre d'interviews, d'interventions directes lors des négociations, sollicitations dans des groupes d'experts et dernier point, mais non des moindres, une invitation à ouvrir les négociations sur la mise en œuvre des actions pour lutter contre les changements climatiques avec la danse Cha Cha Slide, destinée à éveiller les consciences sur ce sujet.
Le Président de cette réunion, Robert Owen Jones, a dit qu'il espérait que l'ouverture de l'AMGE mettrait les négociateurs dans une humeur propice à l'action et christina Figueres, Secrétaire exécutive de la CCNUCC, a remercié les déléguées de la jeunesse d'être une source d'inspiration. Il a résulté entre autres, de ladite séance plénière, l'intégration de la deuxième revue de renforcement de capacités, à savoir commencer sa mise en place avec une mention spéciale au rôle de la jeunesse et du genre, un des objectifs de lobbying de l'AMGE à la COP17 que nous pourrions cocher sur notre liste.

La délégation de l'AMGE a également laissé son empreinte dans le package de Durban en se focalisant sur la partie des négociations qui étaient le plus en relation avec les points les plus importants pour l'AMGE, à savoir le rôle des filles et des jeunes femmes, ainsi que l'éducation non formelle.
Un groupe de déléguées de la jeunesse s'est concentré spécifiquement sur la construction des compétences et a réussi, par le biais d'interventions passionnées au cours des négociations informelles, d' écrits ciblés, d'entretiens informels avec des négociateurs et en travaillant en collaboration avec d'autres jeunes, à faire inclure un paragraphe concernant les jeunes et le genre dans le cadre de la décision de mettre en place le forum de Durban pour des discussions approfondies sur la construction de compétences.
Le premier forum de Durban doit se tenir début 2012 et il rapprochera experts et praticiens, notamment les jeunes, pour partager les bonnes pratiques sur la construction de compétences, comme en matière d'éducation non formelle aux changements climatiques.
Un autre groupe de déléguées de la jeunesse de l'AMGE s'est attaché à appuyer la notion de genre dans le texte des négociations. En collaboration avec d'autres militants en faveur des jeunes et du genre féminin, elles ont réussi à faire accroître le nombre de références au genre dans le package de Durban, ainsi que dans les autres documents qui s'y rattachent, ce qui représente un grand pas en avant pour réaliser la justice climatique sur une base égalitaire. Il est à noter que le groupe de travail sur la jeunesse et le genre qui prend de l'ampleur et que l'AMGE avait créé il y a deux ans, a réussi à accroître la collaboration avec nos homologues d'autres ONG, de même qu'avec les négociateurs des différents pays.
Tout en influant sur les politiques, les déléguées de l'AMGE se sont acquittées pleinement de leur mission en tant qu'organisation tournée vers l'éducation. Un troisième groupe de déléguées de la jeunesse de l'AMGE a conçu et animé une campagne mondiale d'éveil des consciences sur les changements climatiques. L'ensemble de la délégation a mené la danse du Cha Cha sur le climat à Durban, ce qui représente une piste amusante pour éduquer les jeunes sur des méthodes simples pour contribuer à préserver l'environnement. Elles ont également appelé tous les jeunes du monde entier à les rejoindre et à en faire un effort à l'échelle de la planète. Un grand nombre de guides et d'éclaireuses ont répondu à cet appel à l'action.
Avec cette action, l'AMGE aborde l'immense problème relatif aux changements climatique : une grande partie de la population mondiale n'est pas pleinement consciente de cette menace et ne sait pas comment agir pour lutter contre les changements climatiques. Nous nous attaquons à cette lacune de prise de conscience à travers l'éducation non formelle, en commençant avec les personnes qui ont le plus grand besoin d'accès à l'autonomie et à un plus grand potentiel pour devenir des acteurs du changement, à savoir les filles et les jeunes femmes.
Et après, que va faire l'AMGE ?La prochaine étape de notre combat pour la justice climatique sera le Sommet de la Terre sous l'égide des Nations unies qui se tiendra à Rio au Brésil, en juin 2012. Une délégation de la jeunesse de l'AMGE sera présente pour garantir que la voix des filles et des jeunes femmes soit entendue à ce sommet majeur sur le développement durable qui se focalise essentiellement sur la garantie d'un environnement durable. Ce qui correspond au programme des OMD de l'AMGE "Nous pouvons sauver notre planète" mis en place en 2006. Les membres de l'AMGE intéressées pourront bientôt télécharger le formulaire de candidature pour faire partie de la délégation. De janvier à mars 2012, l'AMGE mènera une consultation auprès des enfants et des jeunes du monde entier pour découvrir quelles sont leurs espérances et leurs craintes pour l'avenir de notre planète. L'AMGE s'appuiera sur ces informations pour se positionner au Sommet de la terre des Nations unies à Rio. Le thème de la Journée mondiale de la pensée 2012 est "Nous pouvons sauver notre planète". Sur www.worldthinkingday.org, vous trouverez un ensemble d'activités éducatives et ludiques qui enseignent aux enfants et aux jeunes comment protéger et préserver l'environnement. Gagnez votre badge maintenant et n'oubliez pas d'ajouter vos actions au compteur des actions. |
